Prix Chercheurs en Actes : les lauréats de la 3ème édition

Prix Chercheurs en Actes

Le Conseil scientifique de l’éducation nationale (CSEN), Réseau Canopé, le réseau des INSPE, l’IH2EF, l'IFE et GMF se sont associés pour créer un Prix dédié à l’éducation nationale. Lancé en octobre 2019 et placé sous le patronage du Ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse, le Prix Chercheurs en Actes récompense les actions et les expérimentations concrètes visant à la réussite scolaire de tous les élèves.

Le palmarès 2022

  1. Prix « égalité des chances » : Réseau d’écoles de Dammarie-lès-Lys, Académie de Créteil

    Les écoles de grande ruralité en réseau

    Lancé en 2019, le projet « école numérique et médias » (ENUM) a pour but de lutter contre l’isolement et la fracture numérique subis par les écoles de grande ruralité. Dans l’Académie de Créteil (77), le réseau d'écoles de Dammarie-lès-Lys a développé un projet innovant pour offrir à tous les élèves les mêmes opportunités pédagogiques et créatives.

    En France, les écoles primaires dépendent financièrement des communes. Plus elles sont petites et isolées, moins elles disposent de soutien aux projets éducatifs.

    Le projet ENUM soutient les projets éducatifs d’écoles isolées et favorise la création d’un réseau d’écoles reliées numériquement. Au programme : un travail quotidien avec les médias, un nouveau paradigme de classe favorisant des relations d’enseignement plus coopératives, l'inclusion d'élèves en difficulté, l’ouverture aux autres et au monde extérieur.

    Un diagnostic et une approche collectives

    Pour déterminer l’approche la plus adaptée à l’âge des élèves, dont les plus jeunes ont 3 ans, le réseau s’est appuyé sur les travaux de spécialistes en éducation aux médias, sociologue, docteur en Sciences de l’information et de la communication, ou encore membre du Conseil Scientifique de l’Éducation Nationale. Grâce aux travaux de l’IGEN et du CSEN, il a également étudié la gouvernance des écoles et leur poids, dans la réalité de la grande ruralité. 

    Améliorer la qualité de l’apprentissage

    Le projet ENUM repose sur trois piliers : la formation des enseignants, l’équipement des écoles, et l’autonomisation des élèves. Les enseignants ont ainsi été formés, via un site internet commun à toutes les écoles, à l’utilisation d’outils de visio-conférence, de plateformes de mise en commun, de logiciels permettant la réalisation de capsules vidéo, de streaming, de broadcast et d’effets spéciaux. 

    La valeur ajoutée de ce projet réside dans l’articulation de tous ces éléments, permettant de dispenser des apprentissages de qualité dès la maternelle dans des conditions d’enseignement qui peuvent être plus difficiles. 

    Un impact très positif sur les élèves

    Au contact d’enseignants bien formés, les élèves ont peu à peu gagné en autonomie face aux instruments mis à leur disposition. Ils ont appris à gérer leur identité en ligne et à collaborer ensemble, en classe comme à distance. Appréhender les mathématiques en développant un jeu vidéo 3D ou intégrer le programme d’histoire et la maîtrise de la langue en réalisant un dessin animé, chaque projet pédagogique (10 au total) a été savamment pensé. 

    L’emploi du numérique et la pédagogie active ont permis aux élèves, notamment à plusieurs décrocheurs, de mieux réussir. Aisance à l’oral, développement de l’esprit critique, processus de socialisation, maîtrise de la langue, les élèves reliés au réseau ENUM obtiennent de très bons résultats.

    De belles ambitions pour 2025

    Aujourd’hui, l'ENUM ne concerne que le réseau d'écoles de grande ruralité de Dammarie-lès-Lys. L’objectif est de déployer un plan de formation plus large pour favoriser l'échange et l'inclusion. Parmi les ambitions 2025, on compte le décloisonnement à l’échelle du département, et l’intégration des intelligences artificielles dans l'accompagnement des élèves.

    L’ENUM reçoit ainsi le Prix Chercheurs en Actes 2022 dans la catégorie « égalité des chances » 
     

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  2. Prix « handicap et scolarité inclusive » : IREM de Paris, Académie de Paris

    Enseigner les maths, en langue des signes

    Face aux difficultés rencontrées par les élèves sourds et malentendants dans leurs apprentissages, l'Institut de Recherche sur l'Enseignement des Mathématiques (IREM) de Paris propose aux enseignants des enregistrements vidéo en Langue des signes française (LSF) en classe de mathématiques. 

    En France, plus de 10 000 élèves sourds ou malentendants accèdent difficilement à l’apprentissage des mathématiques. Beaucoup ne comprennent pas bien les énoncés, rédigent maladroitement leurs solutions, et doivent cependant préparer les examens nationaux en français. Avec l’aide de l’IREM de Paris et de chercheurs de l’Université de Paris et d’Aix-Marseille, deux établissements ont mobilisé des classes de cycle 4 pour mesurer l’efficacité du recours à la vidéo en LSF, en termes de mise en activité, de compréhension, et de passage à l’écrit. 

    Un dispositif vertueux accueilli avec enthousiasme

    L'élaboration d'un énoncé en LSF sur support vidéo a constitué un progrès unanimement salué par les professeurs et les élèves. Il a permis une compréhension immédiate de la consigne, et a offert aux élèves la possibilité de résoudre plus facilement les problèmes. Résultat : sept élèves ont réussi l'activité effectuée en LSF, contre trois selon les modalités habituelles. Par ailleurs, les élèves étaient bien plus prolixes et clairs dans leurs productions en LSF que dans leurs productions en français.  

    Préparer les élèves aux examens écrits

    Afin d’aller plus loin et de préparer les élèves sourds et malentendants aux examens, l’IREM de Paris souhaite poursuivre ce travail pour pouvoir passer à l'écrit, en collectant notamment des informations sur l’enseignement des mathématiques en langue des signes aux Etats-Unis (en avance dans ce domaine).

    L’IREM de Paris reçoit ainsi le Prix Chercheurs en Actes 2022 dans la catégorie « Handicap et scolarité inclusive ». 

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  3. Prix « confiance en soi et compétences socio-comportementales » :Lycée des métiers Louise Michel, Académie de Grenoble

    La psychologie positive

    À Grenoble, le lycée des métiers Louise Michel est parti d’un constat factuel : le climat scolaire se détériore, au détriment du bien-être et de la confiance en soi des élèves comme des enseignants. La solution étudiée ? Former des professeurs et des élèves à un programme de psychologie positive.

    Au lycée des métiers grenoblois, 22 enseignants ont été formés pour mettre en place une intervention de psychologie positive dans 11 classes, en intégrant les élèves dans leur démarche. Une expérience menée en partenariat avec des chercheurs de l’Université Grenoble Alpes, basée sur des outils comme les forces personnelles, les pratiques de présence attentive, le développement des compétences psychosociales (CPS), l’approche centrée solution ou l’autonomie des participants. 

    Pour plus d’efficacité, chaque classe a respecté 5 étapes distinctes et complémentaires : identifier et développer un langage commun des forces, réfléchir aux forces des autres, reconnaitre et développer ses propres forces, trouver de nouvelles manières de les activer notamment en cas de difficulté, célébrer et cultiver les forces du groupe. 

    Des résultats positifs très encourageants

    Les mesures de l’efficacité de l’action ont eu lieu avant l’intervention, juste après, et 2 mois plus tard, et elles présentent des résultats très encourageants. Une plus grande motivation et de meilleures compétences émotionnelles chez les professeurs. Une plus grande motivation, une meilleure estime de soi, et un effet durable d’amélioration des compétences sociales chez les élèves. L’analyse qualitative menée en fin de projet auprès des enseignants et des élèves révèle le rôle important joué par les supports proposés et l’accompagnement des enseignants.

    De nouveaux projets sans frontière

    L’opération ne s’arrête pas là : des actions collaboratives avec d’autres lycées voisins et européens via un projet Erasmus+ sont également envisagées, ainsi que des conférences, formations et programmes pour les équipes éducatives et les jeunes. Ce projet pourrait par ailleurs être adapté dans le premier degré, pour diffuser ces pratiques au sein des enseignants et de leurs élèves dès leur plus jeune âge. 

    Cette initiative visant à améliorer le climat scolaire a été récompensée par le Prix Chercheurs en Actes 2022 dans la catégorie « confiance en soi et compétences socio-comportementales ». 
     

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  4. Prix « évaluation et intervention pédagogique » : Collèges Victor Hugo et Jean Hay, Académies d’Amiens et de Poitiers

    Enseigner aux élèves comment apprendre

    Transmettre aux élèves les clés, les méthodes et les outils pour apprendre n’est pas toujours chose facile. Des enseignants des collèges Victor Hugo (80) et Jean Hay (17), ont testé des séances pédagogiques auprès de leurs élèves, pour les sensibiliser au fonctionnement et au rôle du cerveau dans l’apprentissage.

    Un projet pour l’égalité des chances

    Pour rétablir l’égalité des chances entre les élèves, les collèges Victor Hugo et Jean Hay ont participé à une expérience en collaboration avec le Laboratoire de Psychologie du Développement et de l’Éducation (LaPsyDE) et le site pédagogique des enseignants Lea.fr. Au programme, six séances pédagogiques pour expliquer aux élèves le fonctionnement de leur cerveau, de la plasticité cérébrale à l’attention, en passant par la mémorisation et les émotions. 

    L’objectif ? Leur enseigner comment apprendre. Un savoir-faire essentiel pour rétablir l’égalité des chances, auprès d’élèves de milieux sociaux-culturels différents. Cette initiative collaborative, qui s’appuie sur de nombreux travaux scientifiques dédiés au cerveau et à l’apprentissage, concerne les collèges à l’échelle nationale. 

    Une méthode pédagogique structurée

    Tester l’efficacité de six séances hebdomadaires de 30 à 40 minutes chacune, voilà ce à quoi se sont engagés les 265 enseignants et 2400 élèves participants. Afin de pouvoir mesurer précisément les résultats de l’expérience, les enseignants ont pris en charge deux groupes différents : un groupe « expérimental » qui testait les six séances, et un groupe « contrôle » qui ne les testait pas. 

    Le déroulé de chaque séance a suivi les recommandations des sciences cognitives en termes d'attention (durée de la séance, documents épurés, vidéos attrayantes mais non distrayantes), d'engagement actif (différentes activités proposées aux élèves), de mémorisation (fiche en fin de séance et réactivation des connaissances lors des séances suivantes).

    Des résultats très encourageants

    Les élèves ayant suivi les séances pédagogiques montrent de meilleures connaissances sur le cerveau et une conception moins fixiste de l’intelligence que celle des élèves du groupe « contrôle ». 

    Comprendre le fonctionnement et le rôle de leur cerveau dans toutes les pratiques et les activités de leur vie, permet aux élèves d’être moins fatalistes et de prendre conscience des progressions possibles et de leur potentiel de réussite. Du côté des élèves participants, 96% ont accueilli le projet très positivement. Côté enseignants, 97% souhaitent reproduire les séances, 67% désirent une ouverture à plus de séances et 87% ont envie de se former pour aller plus loin sur cette thématique.

    Renforcer les supports et les outils pédagogiques

    Suite à ces résultats très encourageants, les deux collèges ont décidé de créer de nouvelles séances offrant aux enseignants et à leurs élèves, un choix plus large et des actions plus ciblées en fonction des besoins de chacun. 

    Parmi les sujets abordés, on trouve par exemple les besoins fondamentaux du cerveau (nutrition, activité physique, sommeil, bienveillance) ou encore une séance consacrée à la détection des infox, sujet important dans le contexte actuel. 

    Les collèges Victor Hugo et Jean Hay remportent ainsi le Prix Chercheurs en Actes 2022, dans la catégorie « évaluation et intervention pédagogique ».
     

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