Prix Chercheurs en Actes : 1ère édition, découvrez les lauréats !

Prix Chercheurs en Actes : 1ère édition, découvrez les lauréats !

Prix Chercheurs en Actes : le Prix national d'éducation

Le Conseil scientifique de l’éducation nationale (CSEN), Réseau Canopé, le réseau des INSPE, l’IH2EF et GMF se sont associés pour créer un Prix dédié à l’éducation nationale. Lancé en octobre 2019 et placé sous le patronage du Ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse, le Prix Chercheurs en Actes récompense les actions et les expérimentations concrètes visant à la réussite scolaire de tous les élèves.

Le palmarès 2020

  • Prix « égalité des chances » : Circonscription de Blaye, Académie de Bordeaux

    Le Lab’Blaye, mieux apprendre à apprendre

    Face aux disparités des familles dans l’accompagnement scolaire et face à l’isolement des enseignants qui débutent, l’Académie de Bordeaux a créé un collectif de partage et de mutualisation de pratiques inter-établissement et inter-degré destiné à des écoles en milieu rural.

    En septembre 2018, l’Académie de Bordeaux a inauguré sur la circonscription de Blaye une action destinée à optimiser les temps d'apprentissage et les choix d’enseignement. Une démarche conçue pour répondre aux spécificités d’un milieu rural composé d’écoles isolées avec un nombre de classes élémentaires et secondaires souvent réduit, avec une forte proportion d’enseignants débutants et de familles d’élèves défavorisées.

    S’appuyer sur les sciences cognitives

    Principaux objectifs du projet : lutter contre les inégalités des familles dans l’accompagnement scolaire, rompre avec l’isolement des enseignants et harmoniser le développement des gestes professionnels chez les enseignants qui débutent. L’Académie a pour cela créé un collectif de mutualisation de pratiques inter-établissement et inter-degré avec un accompagnement par la formation s’appuyant sur les apports de la recherche. Ainsi est né le Laboratoire de Blaye ou Lab'Blaye.

    Ce collectif a vocation à prendre en compte les résultats de la recherche en sciences cognitives en les croisant aux formations disciplinaires concernées. L’ambition est de repenser la formation de façon plus systémique et en proximité afin de conduire les enseignants à interroger leurs pratiques et les processus d’apprentissage des élèves. En somme, accompagner les enseignants et les élèves à mieux apprendre à apprendre.

    Un essaimage des bonnes pratiques

    L’inscription au Lab’Blaye est facultative. La première année, 35 enseignants se sont inscrits. Deux parcours de formation sont proposés. Le premier (« Des outils pour soutenir la mémorisation ») propose d’élaborer des dispositifs pour faciliter la mémorisation des élèves, pour contrôler régulièrement les savoirs et pour identifier les marges de progression des élèves. Le second parcours (« Des outils pour soutenir l'attention et le raisonnement de l'élève ») permet de réfléchir à une organisation de classe qui favorise le maintien de l’attention, de mettre en place des circuits d’activités encadrés et de mieux faire comprendre la démarche pédagogique de l’enseignant.

    Ce projet qui a notamment permis un plus fort engagement des élèves et une diffusion de bonnes pratiques au sein des écoles a obtenu le Prix Chercheurs en Actes 2020 dans la catégorie « Égalité des chances ».

  • Prix « école inclusive » : Maternelle Tony Lainé, Académie de Poitiers

    Le dialogue au service de la réussite scolaire

    Le rôle de la métacognition dans le développement d’un apprentissage plus efficace peut être déterminant. L’école maternelle Tony Lainé de Poitiers l’a démontré à travers un dispositif innovant qui a sensiblement amélioré les performances des élèves.

    La maternelle Tony Lainé à Poitiers se situe en zone d’éducation prioritaire. Le quartier compte un grand nombre de familles défavorisées, une majorité d’entre elles ne parlant pas français. Les enseignants se trouvent ainsi confrontés à des élèves ayant de grandes difficultés à maîtriser la langue orale et à des parents très éloignés de la culture scolaire, ne se sentant pas capables d'aider leur enfant ou de participer à la vie de l'école.

    Prévenir l’échec scolaire

    Afin de garantir l’acquisition du « Lire, écrire, parler » et de permettre un meilleur dialogue entre l’école et les parents, l’équipe pédagogique a donc mis en place, depuis la rentrée 2017, un nouveau projet qui a bénéficié de l’intégration d’un maître supplémentaire et d’un programme de formation destiné à développer des actions pédagogiques innovantes.

    Innovantes d’abord sur le plan de la méthode en privilégiant la co-intervention (deux enseignants dans une classe) et un meilleur taux d'encadrement, mais aussi sur le plan du pilotage du projet : les enseignants conçoivent ensemble les séances et se réunissent une fois par semaine pour faire le point. Innovantes également dans le travail de métacognition mis en place qui a permis d’adapter les activités au plus proche des capacités des élèves et de porter une attention particulière aux gestes professionnels nécessaires à l’amélioration de l'écoute, de la motivation et de la réussite.

    Un apprentissage plus efficace

    Un temps de classe regroupant tous les niveaux est ouvert aux parents. Ce temps de partage d'un moment de vie de classe (environ 45 mn) est suivi d'un échange convivial avec le maître venu renforcer l’équipe sur ce projet, autour de ce qu'ils ont observé, de leurs inquiétudes ou satisfactions, de la coéducation, etc…

    L’ensemble du projet a été évalué par une équipe de recherche (Centre de Recherches sur la Cognition et l’Apprentissage). Les résultats sont au rendez-vous : sur les deux premières années d’application du projet, les élèves de l’école Tony Lainé ont obtenu une meilleure performance dans le domaine du langage oral par rapport au groupe témoin d’une école du même quartier. L’équipe pédagogique, quant à elle, a pris conscience du rôle fondamental de la métacognition pour développer un comportement d'apprentissage plus efficace dans tous les domaines.

    Un succès récompensé par le Prix Chercheurs en Actes 2020, dans la catégorie « École inclusive ».

  • Prix « métacognition & confiance en soi » : Lycée professionnel Germaine Tillion, Académie de Clermont Ferrand

    Un espace pédagogique bienveillant

    À Thiers, le projet « Venir avec plaisir en lycée professionnel » du lycée Germaine Tillion vise à redonner l’envie d’apprendre à l’élève en lui faisant mieux comprendre le sens et la finalité de l’apprentissage.

    Décalage entre ce que l'enseignant met en place et ce que l'élève interprète, systématisation de l’évaluation par les notes, stigmatisation des mauvais élèves… C’est pour lutter contre ces travers que le lycée professionnel Germaine Tillion à Thiers dans le Puy-de-Dôme a mis en place depuis la rentrée 2018 un projet baptisé « Venir avec plaisir en lycée professionnel ». Ce programme, mené avec deux chercheurs en sciences de l’éducation, Alexandra Leyrit et Julien Masson, est basé sur une série d’actions ayant pour objectif de rendre l’élève autonome, motivé et de changer l’image qu’il se fait de l’école.

    Lutter contre le décrochage scolaire

    Le lycée a commencé par pratiquer une évaluation des entrants sans notes, seulement par compétences. Il a également instauré de l’aide pour les devoirs et de l’accompagnement personnalisé en fonction des besoins de chaque élève et sous la forme d’un face-à-face pédagogique d’un enseignant pour dix élèves au maximum.

    En parallèle, une réunion pédagogique d’1h30 par semaine puis par quinzaine est organisée pour tous les enseignants afin de favoriser le lien dans les équipes pédagogiques. Toujours dans cette volonté de lutter contre le décrochage scolaire, une ouverture à l’international a été privilégiée via des échanges ERASMUS avec la Lituanie, la Finlande et la Croatie pour valoriser les formations et donner un message porteur d’ambition aux élèves BAC, CAP et ULIS.

    Favoriser l’envie d’apprendre

    Dans le cadre de cette stratégie visant à donner du sens aux actions menées et à favoriser l'envie d'apprendre, le lycée a parallèlement créé des lieux de vie agréables en rupture avec le collège.

    Les premiers résultats sont prometteurs. Les incivilités sont en baisse. L'ambiance générale dans l'établissement est apaisée. Il est désormais perçu comme un lycée innovant et bienveillant. Un questionnaire pour évaluer « l’estime de soi » des élèves à l'entrée puis à la sortie du lycée a été établi en collaboration avec les enseignants et les deux chercheurs associés au projet. En tant qu'établissement LéA (Lieu d’Éducation Associé), cette recherche qui devait prendre fin en juin 2020 est suivie par l'ENS de Lyon.

    Cette volonté de construire un espace pédagogique bienveillant qui donne une autre image de l'école a été récompensée par le Prix Chercheurs en Actes 2020 dans la catégorie « Métacognition et confiance en soi ».

  • Prix « évaluation et intervention pédagogique » : Collège Victor Hugo, Académie d’Amiens

    « Math ta mémoire », la métacognition en action(s) !

    À Ham dans la Somme, le collège Victor Hugo a expérimenté des outils et des stratégies basés sur l’estime de soi et le respect des différents rythmes d’apprentissage pour améliorer le niveau de ses élèves.

    Changer les pratiques pour améliorer l’attention, l’implication et la mémorisation des élèves afin de réduire les inégalités scolaires, tel est l’objectif du collège Victor Hugo à l’initiative d’un professeur de mathématiques.

    Cet établissement classé REP (Réseau d’éducation prioritaire) s’est tourné pour cela vers les sciences cognitives. Le professeur, porteur du projet, a ainsi mis en place un dispositif baptisé « Math ta mémoire » pour travailler sur la métacognition et l’estime de soi des élèves tout en respectant leur rythme d’apprentissage.

    Comprendre son propre fonctionnement cognitif

    La première année (2018-2019), la méthode a été expérimentée en demi-groupe lors de l'Accompagnement Personnalisé (AP) dans une classe de 6 ème comptant 25 élèves. L’année suivante, l’expérience a été étendue à l’ensemble de la classe.

    Toute la démarche est basée sur le principe de la métacognition permettant d’expliquer aux élèves leur propre fonctionnement d’apprentissage (oubli, mémorisation, rôle du sommeil...). Des techniques mnésiques sont intégrées au cours afin de faciliter la mémorisation des éléments essentiels de l’apprentissage.

    Pour la classe entière, après un temps calme qui permet une baisse du niveau de stress et une meilleure maîtrise de la pensée, le professeur pose une série de cinq questions courtes. L’idée est de travailler la mémorisation, de vérifier la compréhension ou de préparer des prérequis.

    La classe en mode cerveau

    Le cours se termine par un rappel des essentiels à retenir présentés sur un TBI (tableau blanc interactif). Les élèves doivent ensuite les écrire de mémoire avant de faire une ultime vérification à nouveau sur le TBI. Autre format utilisé : la « classe en mode cerveau ». La séance consiste alors à faire travailler une partie des élèves en sous-groupes sur des exercices à résoudre au tableau. L’autre moitié de la classe elle, travaille, davantage sur la consolidation des connaissances avec des tablettes.

    Ces pistes pédagogiques facilement transposables à d'autres niveaux et d'autres matières ont permis au collège Victor Hugo d’obtenir le Prix Chercheurs en Actes 2020, dans la catégorie « Évaluation et intervention pédagogique ».

  • Prix « coup de cœur du jury » : Collège Pier An Dall, Académie de Rennes

    Pier An Dall et ses chercheurs en herbe

    « Les Rencontres Jeunes Chercheurs », mises en place par le collège breton Pier An Dall de Corlay, réunissent écoliers et collégiens autour d'un même projet scientifique associant persévérance scolaire, autonomie et créativité.

    Pourquoi les élèves se désintéressent-ils des sciences ? Curieux de tout en maternelle, l’enfant, les années passant, se détourne des disciplines scientifiques. Arrivé au collège, il semble souvent perdu entre un langage ardu et des formulations mathématiques bien éloignés pour lui des phénomènes naturels qui l’intéressaient tant plus petit.

    La pédagogie par l’expérimentation

    Pour répondre à ce désintérêt pouvant se traduire par une forme de décrochage scolaire, le petit collège rural Pier An Dall du centre Bretagne a mis en place un projet baptisé « Les Rencontres Jeunes Chercheurs ». L’objectif est de redonner le goût des sciences aux élèves, aux garçons comme aux filles qui pensent, encore aujourd’hui, que les métiers scientifiques et techniques sont plutôt des métiers d’homme. Acteur de son instruction, l’élève a un rôle d’expérimentateur, de chercheur, de créateur et de conférencier.

    Tous les 15 jours, les CM1 et CM2 de l'école de Corlay viennent ainsi au collège pour faire des sciences lors de demi-journées expérimentales. Première étape : la définition d’une thématique. Le choix s’est porté sur la gestion des déchets du collège dans le but de le rendre autonome (mise en place du tri dans les classes, collecte des crayons pour l'entreprise TerraCycle, collecte des journaux pour l'entreprise Cellaouate, fabrication d'un composteur…).

    À partir de ce thème, les élèves commencent par se questionner sur la manière de mener à bien leur projet. L’objectif est d’accompagner l’élève dans l’autonomie, dans la réflexion et l’interrogation de ce qu’il observe.

    Accompagner les élèves du primaire au collège

    Pour finaliser le projet, un congrès scientifique d’une journée est organisé, chaque classe y présente son défi. Si les résultats peuvent ne pas être concluants, le plus important est d’avoir pu participer à une démarche scientifique. Le congrès est en fait aussi l’occasion d’accompagner plus sereinement les élèves de primaire vers le collège. Entre enseignants, cette action favorise également un échange de pratiques, notamment en matière d’évaluation et de suivi de la progression des enseignements du CM1 à la 6ème en passant par le CM2.

    Pour traduire matériellement son engagement, le collège a créé un laboratoire scientifique ainsi qu'une classe flexible. L’idée est de mettre à disposition des élèves une grande salle multifonction avec une partie tables fixes, une partie tables mobiles, un coin bibliothèque et un coin informatique. L’ensemble donne accès à des outils nécessaires à la démarche scientifique afin que chacun puisse avancer à son rythme.

    Ce projet, destiné à développer la curiosité et l’autonomie des élèves à travers la pratique des sciences, a été le Coup de cœur du jury lors du Prix Chercheurs en Actes 2020.

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