2ème édition du prix littéraire Europe 1 - GMF : cinq romans qui nous rapprochent des autres

Qu’est-ce qui nous pousse à nous engager, qu’est-ce qui nous rapproche des autres ? Il y a autant de réponses à ces questions qu’il y a d’histoires humaines à raconter. Pour célébrer une littérature au service du collectif, de la solidarité et de l’humain, GMF et Europe 1 poursuivent leur association autour de leur Prix Littéraire.

2ème édition du prix littéraire Europe 1 - GMF : cinq romans qui nous rapprochent des autres

Né en 2020 de l'assocation de GMF et de la radio Europe 1, le Prix Littéraire Europe1 - GMF a pour objectif d'honorer les femmes et les hommes qui oeuvrent au service du bien collectif à travers des oeuvres de qualité.

Un Prix qui incarne parfaitement les valeurs de GMF, premier assureur des agents du service public, et qui oeuvre quotidiennement à valoriser celles et ceux qui se mettent au service des autres, et qui en ont fair leur vocation.

Après une première édition riche en récits, et remportée par Carl Aderhold et son "Théâtre des nuits", GMF et Europe 1 ont renouvellé leur partenariat pour une deuxième édition, toujours accompagnés par Nicolas Carreau, spécialiste littéraire de la radio.

Retrouvez les oeuvres sélectionnées et rendez-vous le 20 mai pour découvrir le lauréat 2021!

Le lauréat 2021:

Charles Wright, retraite au coeur du Massif Central
À l’été 2019, Charles Wright se lance sur les chemins du Massif Central pendant 30 jours dans le cadre de son noviciat chez les jésuites. Ce voyage est ponctué de rencontres qu’il a consignées dans son livre, Le Chemin des estives, récompensé par le Prix Littéraire Europe 1-GMF.

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Quelle a été l’origine de ce projet de marche ?
J’avais 37 ans et j’avais échoué au noviciat chez les jésuites. L’une des expériences demandées dans ce cadre est de partir à deux, avec un camarade que l’on ne choisit pas, pour marcher pendant 30 jours sur les chemins de la France. Sans argent, sans téléphone, sans rien, j’ai donc parcouru 700 km au cœur du Massif Central.

Quelle était votre intention en racontant ce périple ?
En partant, j’avais une grande soif de vide, de silence, j’avais vraiment besoin de m’échapper de la ville, des écrans. J’en avais aussi marre de moi-même, j’avais besoin de faire le point. Puis j’ai écrit le livre parce que quand on vit une expérience humaine et spirituelle aussi forte, on ne peut pas la garder pour soi. Pendant un mois, j’ai tout consigné dans un petit carnet et en revenant, j’ai voulu restituer mes notes pour dire « merci » à tous ces gens qui nous ont accueillis et qui m’ont fait vivre des choses assez belles. C’était important de rendre hommage à ces personnes de la France périphérique, que l’on oublie trop souvent. Je pense qu’en voyageant les mains vides, on révèle ce qu’il y a de plus grand chez les autres. 

Aujourd’hui, comment survit-on pendant un mois seul, sans argent, ni téléphone, ni tente ?
Justement, on ne survit pas. On vit beaucoup plus intensément que dans une vie confortable et installée à accumuler les choses autour de soi. J’ai vraiment découvert les joies du dépouillement. D’un point de vue plus prosaïque, on survit en dépendant des autres tout simplement. On était obligés de frapper à la porte des gens pour dormir, pour manger, pour se reposer, pour tout. On valorise plutôt l’autonomie dans notre société et nous, on a fait l’expérience d’une dépendance totale. 

Comment votre histoire résonne-t-elle dans le contexte si particulier du moment ?
J’ai accompli le voyage avant le confinement, à l’été 2019. Mais mon récit fait écho au fait que les gens ont soif de dépouillement, ont besoin de s’échapper, de se retirer pour mieux revenir. C’est ce que les moines appellent l’anachorèse, période au cours de laquelle ils se plongent dans la solitude, le silence, la vacuité. Ce voyage dans un endroit préservé du flux et de l’agitation, je l’ai appelé « le baptême des choses simples ».

Est-ce que cela vous a semblé pertinent d’être récompensé par le prix Europe 1-GMF qui se concentre sur les histoires d’engagement collectif ?
Ça m’a touché parce que c’est d’abord une reconnaissance littéraire et puis parce qu’on vit dans une époque qui flatte beaucoup le désespoir, le catastrophisme. Or, je pense qu’il ne faut pas se laisser fasciner par la noirceur et le prix récompense le regard qui sait voir le bien, même quand il est fait silencieusement. Il y a des gens qui travaillent en toute discrétion pour rendre la société plus fraternelle, et j’en ai été le bénéficiaire. 

Les finalistes:

Les mouches bleues de Jean-Michel Riou, (Ed. Plon)
L’explication de Nicolas Carreau 
Le roman est inspiré de l’histoire vraie d’Aleksander Kuliseiwic, déporté, à 21 ans, au camp de Sachsenhausen. Il survivra grâce à la musique et à ses co-détenus. Journaliste et musicien, Aleksander est arrêté après avoir publié un pamphlet contre Hitler. Dans le camp, il résiste en écrivant des chansons sur ses conditions de vie. Et les interprète devant les autres déportés ! Les autres chantent aussi et confient leur chanson à Aleksander. Hyperamnésique, il est chargé de les retenir toutes. Ce qu’il fera. Un roman sur la solidarité dans la pire des situations.
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Châtelet-Lilas de Sébastien Ortiz, (Ed. Gallimard)
L’explication de Nicolas Carreau 
Un conducteur de métro se rend compte qu’il a accès aux pensées de tous les passagers qu’il transporte. Au gré de son envie, il plonge dans les pensées des uns, partage les sensations des autres. Il connaît son parcours sur le bout des doigts, sait à quelle rue correspond chaque galerie souterraine. Il commente la vie en-dessous et au-dessus de la terre, s’adonne à la philosophie et aux rêveries mythologiques, tout au long de cette ligne qui compte douze haltes — comme les travaux d’Hercule. Un roman poétique, un roman sur l’autre. Il m’a fait penser au livre d’Hugo Boris, Le courage des autres. L’auteur, Sébastien Ortiz, est né en 1972, il est diplomate.
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Danse avec la foudre de Jérémy Bracone, (Ed. L’Iconoclaste)
L’explication de Nicolas Carreau 
Au coeur de la Lorraine, Figuette, un ouvrier, s’occupe seul de sa fille, Zoé. Sa femme, Moïra, les a quittés. L’usine est menacée de fermeture. Figuette et ses amis de la communauté ouvrière vont tout faire pour l’empêcher. Mais pour les vacances à la mer promises à sa fille, c’est foutu… A moins qu’il réussisse un exploit. Un roman sur la solidarité et l’amour filiale. Souriant et beau. Premier roman d’un auteur intéressant chez un éditeur qui dynamite les genres.
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Les lois de l’ascension de Céline Curiol, (Ed. Actes Sud)
L’explication de Nicolas Carreau 
840 pages, certes, mais c’est une fresque ! et une galerie de personnages qui se croisent dans le Belleville de 2015 sur 4 saisons. Tous seront confrontés au choix entre le bien commun et l’intérêt personnel. Cinquième roman de Céline Curiol, intronisée par Paul Auster, himself. Le roman met en avant la solidarité et commence à faire beaucoup parler de lui en cette rentrée d’hiver.
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Le chemin des estives de Charles Wright, (Ed. Flammarion)
L’explication de Nicolas Carreau
Il y a quelques années, il a une sorte de révélation : Charles Wright veut devenir jésuite. Mais pour ça, il lui faut affronter le passage obligé des apprentis : 700 kilomètres sans un sou. Il s’agit d’aller à la rencontre des gens, partout où l’on passe et demander le gîte et le couvert. Ce n’est pas vraiment quémander des services, c’est plutôt un prétexte pour aller à la rencontre des autres. Et les autres, ils sont là, tous. Les profils sont extrêmement variés : veuf, couple, famille, etc. Et ceux qui donnent tout quand ils n’ont rien.
Bien sûr, il essuie quelques déconvenues. Mais à la fin, le beau constat, c’est que l’on trouve, souvent, une main secourable et que la plupart des habitants de ce pays, mais donc de cette planète, sont plutôt des braves gens. Et spoiler encore : à la fin, il ne sera pas jésuite, il cherche simplement une forme de spiritualité et d’ouverture aux autres, pas une religion.
Charles Wright réinvente parfois. Ni pour réenchanter ni pour assombrir, simplement parce que la mémoire est ainsi faite pour construire ce récit de voyage littéraire. Il faut imaginer pour raconter. Exactement comme Proust quand il écrit La recherche.
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