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Chirurgie - Patient actif avec le RAAC

Delphine Loez - 17/11/2016

« Patient actif » : les deux termes s’opposent. Cependant, les futurs opérés ont de plus en plus souvent la possibilité de ne pas complètement « subir » l’intervention. Le programme de Récupération amélioré après chirurgie (RAAC) en est un  nouvel exemple. A quoi cela ressemble-t-il, du point de vue du malade ?

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Qu’est-ce que la RAAC ?

C’est une démarche de prise en charge globale du patient, qui concerne de nombreuses spécialités chirurgicales. Son objectif est une amélioration l’état du malade et une récupération plus rapide. Le programme se compose de trois phases, avant, pendant et après la chirurgie. Pour l’essentiel, selon la Haute Autorité de Santé (HAS), il s’agit de mesures permettant de :

  • former et informer le patient, 
  • anticiper l’organisation des soins et la sortie,
  • diminuer les conséquences du stress chirurgical,
  • contrôler la douleur dans toutes les situations,
  • favoriser et stimuler l’autonomie des patients.

Avant l’intervention, la formation

L’idée est d’arriver dans des conditions physiques et psychologiques optimales au bloc opératoire. Pour cela, il faut  que la démarche RAAC soit bien expliquée. Cette présentation a lieu durant une consultation dédiée, habituellement menée par un infirmier référent. Elle peut se dérouler très en amont de l’opération car parfois, le patient aura un plan d’action de plusieurs semaines. 

Quel plan d’action ?

Cela peut concerner un arrêt du tabac, de l’alcool, un changement de régime alimentaire, voire même une préparation physique comme de la kinésithérapie préopératoire. En effet, il est beaucoup plus facile de rééduquer un genou après une pose de prothèse si la mobilisation de l’articulation a été travaillée et comprise avant.

Avant l’intervention, la suite est aussi minutieusement préparée. Le référent RAAC accompagne le patient dans l’organisation de la sortie : anticiper le retour à domicile, prévenir le médecin traitant et les acteurs de villes pour d’éventuels soins…

Au bloc et après ?

Durant l’intervention, le patient n’a rien à faire. Mais une anesthésie spécifique fait qu’il se réveille plus rapidement et plus en forme. La douleur doit être sous contrôle, afin qu’il puisse être mobilisé et réalimenté dès que possible. Dès la sortie, il est accompagné par son médecin généraliste. Côté hôpital, un numéro d’urgence est mis en place et un suivi est assuré, souvent par SMS.

Intérêt pour le patient

L’intérêt financier pour la société est évident : la RAAC permet de réduire fortement le temps d’hospitalisation et diminuer les risques d’infections nosocomiales. Côté patient, l’avantage est grand : être en meilleure forme, moins souffrir et surtout passer moins de temps à l’hôpital. Le risque de contracter une autre maladie diminue d’autant ! Sans oublier qu’une chambre d’hôpital n’est pas toujours confortable. Entre les réveils à heure fixe, les bruits du service et le voisin de lit qui a des horaires fantaisistes… la récupération est difficile. Sans aucun doute, la RAAC nécessite un vrai investissement de la part du patient, voire même quelques sacrifices, comme arrêter de fumer. Mais le jeu en vaut la chandelle