“Next normal” : les nouvelles habitudes d’un monde à distance

Depuis le premier confinement, nous avons été nombreux à chercher à inventer « le monde d’après » : un monde plus solidaire et centré sur les « vraies » valeurs. Depuis, la deuxième vague de l’épidémie est arrivée et nous avons été reconfinés. Les habitudes que nous avons prises au printemps dernier ne sont finalement pas exceptionnelles et sont devenues la nouvelle normalité.

“Next normal” : les nouvelles habitudes d’un monde à distance

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“Next normal” 
Cette expression a été inventée en anglais (« The next normal ») par le cabinet de conseil McKinsey pour définir nos nouvelles relations de travail. Mais on peut en élargir certains aspects à l’ensemble de notre vie. Surtout les plus bénéfiques d’entre eux. 

Bienveillance à distance

La « nouvelle normalité » a d’abord été l’adaptation des entreprises à la crise sanitaire. Magasins, entrepôts, bureaux ont été réaménagés ; partout, nous avons inventé de nouvelles relations de travail à distance. La nouvelle normalité au travail nous a fait gagner en souplesse horaire, elle a réduit les temps de transport, mais elle nous pousse aussi à jongler tant bien que mal entre la garde des enfants et les réunions, les tâches ménagères et les e-mails. 

Beaucoup de salariés ont gagné en autonomie et en marge de manœuvre, puisque leurs managers ne sont plus physiquement à leurs côtés pour organiser leurs travaux, souligne le rapport de McKinsey sur « The next normal » dans les entreprises. Plus de lâcher-prise et de confiance, c’est une très bonne nouvelle. Reste un grand défi à relever : garder des liens de convivialité et de bienveillance au sein de l’équipe, d’autant plus importants faute de communication en face-à-face et de déjeuners entre collègues, tous ces petits moments qui faisaient de la somme d’individus un collectif. Gardez le contact, recommande McKinsey : communiquez davantage par vidéo et moins par e-mail. Les messages de notre visage et de notre corps sont des éléments précieux qui dissiperont bien des malentendus. 

Le changement ne s’arrête pas au fonctionnement interne de l’entreprise. « Les grandes entreprises n’ont jamais eu une telle opportunité de faire du bien à la société autour d’elles à très large échelle », pointe le rapport de McKinsey. Elles ne peuvent plus s’arrêter à de petites initiatives de responsabilité sociale, mais doivent s’interroger sur leur raison d’être, et sur ce qu’elles apportent aux parties prenantes qui les entourent. C’est l’occasion de reconstruire leur modèle économique sur des bases plus saines. 

Consommer moins, manger mieux

La normalité nouvelle ne s’arrête pas à nos relations de travail. Nos habitudes de loisirs et de consommation sont également transformées, et nous offrent une occasion de nous ouvrir au monde qui nous entoure. 

« Nos producteurs ont plus que jamais besoin de vous », annonce La petite Laura, coopérative de pêcheurs de Granville et de Chausey, sur son compte Instagram. Faute de sa clientèle habituelle de restaurateurs, elle présente ses services de distribution en ville et de livraison à domicile. Les primeurs haut de gamme des Vergers Saint-Eustache se sont eux aussi lancés dans la vente aux particuliers pour sauver leurs filières de haute qualité. 

La nouvelle normalité ? C’est peut-être aussi de se tourner davantage vers ses commerçants de quartier, marchands de produits frais, libraires, réparateurs, et vers la vente directe des petits producteurs, à une échelle humaine bien plus solidaire que les circuits de la grande distribution. ça coûte plus cher que les supermarchés ? Pas si on achète moins de produits tout faits, et qu’on prend davantage le temps de cuisiner à la maison au lieu de consommer à l’extérieur, de réparer au lieu de racheter, de s’occuper à la maison.

Confinés mais solidaires

Nous sommes tous contraints de changer nos habitudes. Mais dans le champ, même réduit, même pétri d’incertitudes, qui est notre nouvelle normalité, nous pouvons trouver les éléments d’un nouvel art de vivre. En cultivant la bienveillance au travail, auprès de nos partenaires, de nos fournisseurs, de nos collègues. Et en redécouvrant les plaisirs simples d’un bon repas, d’une promenade de quartier, d’un coup de fil à nos amis. D’une attention à ceux qui nous entourent, que nous n’aurions pas pris le temps de porter en temps normal. Avant la « nouvelle normalité ».

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