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Croissance continue de l’absentéisme des agents territoriaux

Philippe Pottié Sperry - 07/11/2017

Le taux d’absentéisme des agents territoriaux ne cesse d’augmenter, surtout pour des raisons de santé et en premier lieu la maladie ordinaire. Explications : la pénibilité de certains métiers, le vieillissement, la suppression du jour de carence…

 

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UNE PROGRESSION DE 26% EN HUIT ANS DE L'ABSENTÉISME DES AGENTS TERRITORIAUX

Entre 2007 et 2015, le taux d’absentéisme des agents territoriaux a progressé de 26%, selon le dernier Panorama des absences au travail pour raison de santé dans les collectivités locales, publié fin 2016 (1) par Sofaxis, courtier en assurance. Ce taux d’absentéisme s’élève en moyenne à 9,3% en 2015 (8,8% en 2014).

 

LA MALADIE ORDINAIRE, PREMIER FACTEUR D’ABSENCE

La maladie ordinaire constitue le premier facteur d’absence pour raison de santé (plus de 80% des arrêts en 2015). Sa part varie entre 41 et 47% du taux d’absentéisme chaque année.

La longue maladie/longue durée représente un tiers du taux global (entre 31 et 36%), l’accident du travail de 12 à 15% et la maternité environ 10%.

 

ACCIDENTS ET ARRÊTS DE TRAVAIL EN HAUSSE POUR LES TERRITORIAUX

Les accidents de travail constituent le facteur d’absentéisme en plus forte hausse (+52% depuis 2007). La durée moyenne des arrêts progresse de 5% entre 2007 et 2015, en passant de 34 à 36 jours, toutes natures d’arrêts confondues.

44% d’agents ont été absents au moins une fois en 2015 (42% en 2014). 75% d’entre eux l’ont été pour une maladie ordinaire.

 

PLUSIEURS EXPLICATIONS

Le vieillissement et la dégradation des conditions de travail expliquent la hausse de la durée des arrêts de travail, selon Sofaxis. 36% des agents territoriaux ont plus de 50 ans. Pour sa part, l’Association des DRH des grandes collectivités (ADRHGCT) avance l’usure professionnelle et la pénibilité. Un constat particulièrement vrai pour les métiers de la filière technique (agents d’entretien, jardinier…) et de la filière médico-sociale et sociale (puéricultrice, auxiliaire de soins…).

Autres explications : l’impact RH important de la réforme territoriale et la suppression du jour de carence. Si l’instauration de ce dernier avait entraîné une légère baisse des absences pour maladie ordinaire en 2012 et 2013, celles-ci dépassent en 2015 les chiffres de 2011.

 

DES DIFFÉRENCES SELON LES EMPLOYEURS

Si les tendances générales s’observent aussi dans les petites communes (plus d’agents absents, plus souvent et plus longtemps), la taille des effectifs influence néanmoins les absences pour raison de santé.

En effet, les agents sont plus de deux fois plus nombreux à s’arrêter dans les grandes collectivités.

De plus, l’ADRHGCT constate de fortes disparités selon les types d’employeurs avec l’absentéisme le plus élevé dans les CCAS où les personnels sont en contact permanent avec un public en grande difficulté.

 

UN COÛT TRÈS ÉLEVÉ

Le coût des absences (direct et indirect) s’élève à 2067 euros en moyenne par agent en 2015.

Dans un contexte budgétaire tendu, il devient urgent pour les collectivités de mieux gérer cet enjeu de la santé au travail et d’améliorer les actions de prévention. « Seul un dispositif englobant des actions d’analyse, de prévention et de répression, à partir de mesures incitatives et managériales, peut conduire à une baisse sensible de l’absentéisme », estimait un rapport de la Cour des comptes, publié en octobre 2016. 

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