Tout savoir du métier de surveillant pénitentiaire

Tout savoir du métier de surveillant pénitentiaire

Découvrez une profession qui a beaucoup fait parler d’elle ses dernières semaines. Les gardiens de prison ont obtenu de leur ministre de tutelle, Nicole Belloubet, des avancées pour améliorer la sécurité des agents et notamment la création de plus de mille postes. Faisons le point sur ce métier !

Qui sont les surveillants pénitentiaires ?

Les surveillants pénitentiaires sont plus de 26 000 et font partie de la fonction publique. Leur statut est défini par un décret datant de 2006 modifié en 2013. Le recrutement de ces fonctionnaires de catégorie C s’effectue sur concours. Si le salaire moyen d’un gardien de prison se situe entre 20 000 et 30 000 euros par an, à ses débuts, il touche 1400 € nets par mois. 23 % des surveillants de prison sont des femmes.

Comment accéder au concours du surveillant pénitentiaire ?

Les pré requis sont les suivants : avoir la nationalité française, un casier judiciaire sans contre indication à l’exercice de ce métier et jouir de ses droits civiques. Il faut par ailleurs, être titulaire du brevet des collèges et avoir entre 19 et 42 ans. Il existe aussi des critères physiques de taille : l’axe des yeux doit se situer au minimum à 1m50 du sol, à la hauteur de l’œilleton. Il est indispensable d’être apte au travail de nuit et de posséder une acuité visuelle, après correction, égale à quinze dixième pour les deux yeux.

Le concours comporte une épreuve d’admissibilité, écrite, et deux épreuves d’admission, orale et sportive (au menu : entretien avec un psy, course à pied et lancer de poids). 

Quelle est la formation d’un gardien de prison ?

Le taux de réussite au concours avoisine les 10%. Les candidats admis passent un examen médical pour vérifier leur condition physique et dépister l’usage de produits illicites. Ensuite, direction Agen et l’école nationale d’administration pénitentiaire (ENAP), c’est parti pour huit mois de formation en alternance, rémunérée  1200 euros nets par mois. À l’issue de cette formation, les élèves surveillants sont affectés dans l’un des 187 établissements français pour une année probatoire avant la titularisation. 

Quelles sont les missions des surveillants de prison ?

Ils vérifient la présence des prisonniers. Ils accompagnent les détenus sur les coursives, quand ils doivent se déplacer, quand ils partent en promenade, qu’ils rejoignent leurs ateliers, se rendent au parloir ou au greffe… Ils contrôlent le courrier, fouillent cellules et détenus. Mais ils sont aussi chargés d’organiser ou d’encadrer des activités culturelles et sportives, de conduire et de coordonner des actions de réinsertion. Plus généralement, les surveillants pénitentiaires veillent au respect des consignes de sécurité et assurent la discipline. Ils surveillent la santé psychologique et physique des détenus.

Pourquoi est-ce un métier difficile ?

La surveillance doit être continue, jour et nuit, durant toute l‘année. Cela engendre des horaires décalés, travail de nuit, le week-end, les jours fériés... Le milieu carcéral génère du stress et de la pression, un sentiment d’insécurité même pour certains.

Il n’est pas toujours facile de supporter les agressions physiques et verbales, la station debout prolongée et le bruit, qui peuvent représenter le lot quotidien des gardiens de prison. Les établissements pénitentiaires sont en sureffectif, (plus de 69 000 détenus pour 59 000 places) cela dégrade les conditions de travail. Selon un rapport de l’Institut de veille sanitaire datant de 2015 *, un excès de suicide est observé chez les surveillants pénitentiaires hommes. 

Quelles sont les qualités nécessaires ?

Ce métier requiert avant tout une bonne condition physique et mentale. 

Il est indispensable de posséder un grand sens de l’observation afin de pouvoir déceler une anomalie, un comportement dangereux.

Dans le contexte particulier de la prison et de contact humain permanent, de grandes qualités relationnelles et psychologiques s’avèrent indispensables. En effet, les surveillants ont à prendre en charge des personnalités et comportements très divers, de dépressif profond à extrêmement violent. Enfin, il est indispensable de savoir partager ses inquiétudes et ses interrogations avec ses collègues ou avec sa hiérarchie.

Comment évolue la carrière d'un surveillant pénitentiaire?

Après 5 ans d’exercice, par validation des compétences, les surveillants au 5e échelon peuvent postuler au grade de surveillant brigadier, qui comporte plus de responsabilités.

Tout au long de la carrière, il est possible de passer des concours internes afin d’accéder à des fonctions d’encadrement : premier surveillant, major pénitentiaire, lieutenant, capitaine et enfin commandant pénitentiaire. Certains surveillants se spécialisent dans les fonctions de moniteurs sportifs, dans l’encadrement d’activités culturelles ou deviennent formateurs. 

* http://invs.santepubliquefrance.fr/fr/Publications-et-outils/Rapports-et-syntheses/Travail-et-sante/2015/Description-de-la-mortalite-des-agents-et-ex-agents-de-l-administration-penitentiaire

Partagez cet article

Cet article vous a intéressé ?

Avez-vous aimé cet article ? 5 4 3 2 1

Ces articles peuvent vous intéresser

portrait of young happy woman looks in camera
À quel salaire un douanier peut-il prétendre ?

Dans le cadre des métiers de la fonction publique, le salaire d’un douanier, rattachés au ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, est précisément défini par une grille indiciaire qui suit des échelons et des catégories de postes, A, B ou C. Le salaire d'un agent des douanes dépend donc de son poste, son grade et son échelon. Explications.

Lire la suite
Comment devenir personnel civil de la Défense ?
Comment devenir personnel civil de la Défense ?

Outre des militaires, le ministère de la Défense recrute également des personnels civils. Ces employés viennent en soutien opérationnel aux militaires. Ils sont recrutés principalement par voie de concours, mais peuvent aussi occuper des postes de contractuels.

Lire la suite
fspn
Sport et handicap : la Police nationale se mobilise

Pour inciter la pratique sportive par tous et sensibiliser aux situations de handicap, la FSPN (Fédération sportive de la Police nationale) organise depuis 2010 des journées « Police Sport Handicap », via sa ligue Centre Loire Bretagne, dont le prochain rendez-vous aura lieu au printemps 2023. Organisées conjointement par des policiers et des membres d’associations sportives handisport et sport adapté, ces journées rassemblent un large public de collégiens, lycéens et handicapés moteurs ou sensoriels. Cyril Demy, référent handicap de la FSPN, nous en dit plus…

Lire la suite