Échec scolaire : les neurosciences au secours des élèves

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Chaque année en France, près de 100 000 jeunes sortent de l’école sans qualification ni diplôme. La crise de la Covid-19 n’a rien arrangé. Selon une étude réalisée en 2021, 87 % des 16-25 ans estiment qu’elle a pesé sur leurs études ou leur formation*. C’est 8 % de plus qu’en 2020. Avec les neurosciences cognitives, il est désormais possible de porter un nouveau regard sur l’échec scolaire et d’envisager des solutions nouvelles. L’avis de Sylvie Amici, Psychologue de l’Éducation nationale et présidente de l’association APsyEN.

L’échec scolaire est-il une fatalité ? « Non, bien sûr que non », affirme Sylvie Amici. Psychologue de l’Éducation nationale, spécialiste de l’adolescence, elle intervient notamment en collèges et lycées. « Trop d’élèves pensent que l’intelligence est fixe, non contrôlable. Or, elle est dynamique, malléable. Rien n’est immuable. On peut changer et se développer à tout âge, à condition de trouver les stratégies face à la difficulté ».

Par les pratiques pédagogiques, on peut donc jouer sur la mémorisation, la concentration et la motivation d’un élève, et cela a été prouvé par les neurosciences, ces disciplines qui étudient le fonctionnement du système nerveux. « Grâce à l’imagerie cérébrale, on a pu démontrer les processus mentaux qui entrent en jeu dans l’apprentissage, et prouver, avec des fondements scientifiques encore plus solides, ce que les sciences cognitives avaient déjà mis en évidence ».

Attention toutefois, précise-t-elle, « les raisons du décrochage ou de l’échec scolaire sont toujours multifactorielles, et combinent le plus souvent difficultés psychocognitives, psychoaffectives et psychosociales. Rien n’est jamais déterminant ».

Des applications concrètes

De nombreux travaux sont menés sur le rôle des fonctions cognitives dans les apprentissages scolaires. Stanislas Dehaene, Docteur en psychologie cognitive, définit ainsi quatre piliers propres à favoriser les apprentissages : l’attention, l’engagement actif, le retour sur erreur et la consolidation.

Quant au neuroscientifique et directeur du laboratoire LaPsyDé, Grégoire Borst, il met notamment en avant dans ses études le rôle du contrôle inhibiteur. « L’apprentissage de la graphie sur tablette serait par exemple aussi efficace que sur papier, et plus efficace quand l’enfant trace les lettres avec le doigt plutôt qu’avec un stylet », ajoute Sylvie Amici. « Encore faut-il, ensuite, avoir les moyens de mettre ces connaissances en application ».


La psychologue plaide par ailleurs pour la mise en place d’ateliers participatifs dans les établissements. Elle en anime elle-même auprès de classes de seconde, « mais ils peuvent être proposés à des enfants plus petits. L’idée est que les élèves comprennent très tôt comment le cerveau fonctionne. Par exemple, si l’on mémorise une leçon seulement en la répétant, on aura tendance à l’oublier vite car les mécanismes de mémoire à court et long termes sont différents, et l’on risque ainsi d’avoir des difficultés au moment de la restituer par écrit. En avoir conscience peut rassurer certains enfants et les encourager à faire différemment ».

Échec et décrochage scolaires : définitions

Un élève en échec scolaire est un élève qui n’a pas les acquis relevant de son âge ou de son niveau de scolarité, et se trouve dans l’incapacité de terminer avec succès un programme d’études. Le décrochage touche des jeunes qui, bien qu’ayant ces acquis et capacités, se mettent en rupture de l’école.
Statistiquement, l’échec scolaire et le décrochage sont souvent corrélés au risque de difficultés d’insertion sociale, de chômage, mais aussi à des problèmes de santé.

Enfants assis en cercle lors d'une action pédagogique

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