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Interview d'un policier motocycliste

Philippe Pottiée-Sperry - 13/06/2016

Rémy Gicquel est gardien de la paix motocycliste dans une compagnie CRS autoroutière. Un métier qu’il exerce depuis deux ans et demi et dont il ne se lasse pas un instant vu la diversité et l’intérêt de toutes ses missions.

« Il faut avoir autant la passion de la moto que du métier de policier »

Comment s’est effectué votre choix de devenir policier motocycliste ?

J’ai commencé ma carrière chez les sapeurs-pompiers. Côtoyant souvent des policiers, cela m’a donné l’envie de franchir le pas. Je me suis donc inscris au concours de gardien de la paix. Ma formation d’un an à l’école nationale de police de Nîmes m’a beaucoup plu. Grâce à un bon classement – 36ème national – j’ai pu choisir mon affectation. Motard depuis toujours, je n’ai pas réfléchi un instant : mon choix s’est porté sur une compagnie CRS des autoroutes.       

Fallait-il une formation supplémentaire ?

Oui. Pour devenir motocycliste dans la police, il faut suivre une formation supplémentaire de quatre mois au CNFM (Centre national de formation des motocyclistes de la police nationale), basé à Sens. Une formation très dure, notamment physiquement, mais je n’ai pas douté un instant. En collège CRS, j’ai été classé n°2, ce qui m’a permis en juin 2013 de choisir mon affectation. Je suis retourné à Vaucresson, à la CRS autoroutière Ouest Ile-de-France, où j’occupais auparavant un poste de gestion informatique et de gestion des budgets.

Comment pouvez-vous décrire la spécificité de votre métier ?

Il comporte deux facettes indissociables : la passion de la moto et la passion du métier de policier avec un contact permanent avec la population. J’ai la chance d’exercer mon métier dans une très bonne brigade de CRS autoroutière. 

Quelles sont vos missions au quotidien ?

Nous connaissons une grande diversité de missions, ce qui rend notre métier d’autant plus intéressant. Nos missions consistent à surveiller, fluidifier et contrôler le trafic sur le réseau autoroutier, à assurer des escortes, des contrôles de vitesse, à accompagner des transports particuliers (fonds, plis urgents, stupéfiants…) etc. Il s’agit d’un métier en mouvement constant.       

Vous arrive-t-il parfois d’aller très vite ?

Ce n’est pas le but mais certaines missions peuvent le nécessiter. Pour l’escorte de transports urgents, un Samu par exemple, je peux dépasser les 200 km/h. Mais je vais souvent beaucoup moins vite notamment pour la surveillance et le contrôle des poids lourds. Chaque jour, je parcours entre 50 et 200 km, ce qui représente entre 15 000 et 20 000 km par an.       

Être gardien de la paix motocycliste est-il dangereux ?

Il l’est en effet même si j’ai eu de la chance jusqu’à présent. Je n’ai connu que de petits accidents, notamment un véhicule m’ayant percuté. Mais rien de très grave avec juste des blessures légères. Depuis un an, nous possédons une nouvelle tenue avec un gilet airbag, ce qui est une très bonne chose.       

Diriez-vous que votre moto est votre principal compagnon ?

Oui d’une certaine façon. On emploie souvent l’image du cavalier car la moto s’apparente un peu à notre monture. Chacun a une moto affectée à laquelle il prête grand soin. Notre confiance dans la machine passe aussi par des vérifications techniques et des nettoyages systématiques. Nous sommes le patron de notre moto comme de chacune de nos missions.