Comment prévenir les risques psychosociaux ?

infirmière fatiguée en surcharge de travail

Surcharge de travail, stress, sentiment de mal-être, agressions physiques et verbales… En première ligne face à la crise de la Covid-19 depuis plus d’un an, le personnel soignant est particulièrement exposé aux risques psychosociaux. Comment agir, à long terme mais aussi dans l’urgence ?

La surcharge, émotionnelle et pratique, des soignants au travail ne remonte pas à 2020. Dans une analyse globale de l’enquête « Conditions de travail et risques psychosociaux » publiée en 2019 sur des chiffres de 2016, la Direction générale de la fonction publique relevait déjà que « la fonction publique hospitalière est nettement plus exposée que les autres versants de la fonction publique et le secteur privé à l’intensité et la complexité du travail, aux exigences émotionnelles, aux conflits de valeur, à l’insécurité de la situation de travail et aux contraintes physiques et environnementales. » 

Les risques psychosociaux peuvent avoir des effets graves sur la santé (dépressions, troubles du sommeil, troubles cardiovasculaires, ulcères), mais ont aussi d’autres répercussions. Une étude de la Haute autorité de santé, publiée en 2016, a confirmé un lien direct entre les conditions de travail des agents de l’hôpital et la qualité des soins fournie aux patients, la capacité d’écoute et d’adaptation. Réduire les risques psychosociaux est donc bénéfique pour les soignants, mais aussi pour les patients. 
 

Mobiliser l’encadrement

Pour agir au-delà de l’urgence contre les risques psychosociaux, il faut repenser les relations de travail à long terme. En 2018, le réseau des Agences régionales pour l’amélioration des conditions de travail (Anact-Aract) a évalué les démarches de prévention de dix hôpitaux français. Philippe Douillet, co-auteur du rapport, remarque dans une interview qu’il est nécessaire de déployer « une culture de prévention » bien au-delà du champ initial de la santé au travail, « notamment en direction du management (formation, échange entre pairs, etc…), afin de développer des formes de pratiques plus collaboratives et à l’écoute des agents. Le soutien aux collectifs de travail reste en effet une ressource essentielle pour le travail à l’hôpital et la bonne santé des agents. »

La santé au travail passe également par une révision de l’organisation du travail, un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle, et une meilleure gestion des violences avec les usagers et les proches. Des questions qui nécessitent toutes de mobiliser l’encadrement de l’hôpital, des pairs et des partenaires au sens très large, bien au-delà des services de santé au travail. En effet, les grandes études (comme le rapport « Gollac » du Collège d’expertise sur le suivi des risques psychosociaux au travail) identifient une organisation efficace, les bonnes relations entre collègues, le soutien de la hiérarchie et la reconnaissance au travail comme des leviers puissants de lutte contre les risques psychosociaux. 
 

Les bons réflexes

Si les solutions à long terme tiennent à la mise en place de démarches collectives de lutte contre les risques psychosociaux et de qualité de vie au travail, une situation de burn-out n’attend pas. Que faire dans ce cas ? 

  • Ne pas rester seul(e) et en parler à ses collègues et, si c’est possible, à votre encadrement. 
  • En parler au médecin du travail de l’hôpital, qui pourra agir en toute confidentialité. 
  • En parler à votre médecin traitant, qui pourra vous soigner en tenant compte de votre situation personnelle. 
  • L’association Soins aux personnels de Santé a publié des fiches pratiques sur son site, et un numéro vert d’aide et d’accompagnement pour les professionnels de santé, les étudiants et leur famille : 0805 23 23 26 (appel et service gratuit, 24h/24). 
  • Appeler la cellule de soutien psychologique du ministère des Solidarités et de la Santé, ouverte à tous les professionnels de santé, du public ou du privé, ainsi qu’aux étudiants et internes. 0800 73 09 58, (appel et service gratuit, de 8 h à minuit). 
  • Les cellules d’urgence médico-psychologique, rattachées au Samu, où des psychologues et psychiatres soutiennent soignants et administratifs impactés par la crise. Joignables via le 15 ou le 112. 
     
Agnès, agent de la Fonction Publique Hospitalière assurée GMF

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